Spectacle de clôture du Festival franco-ontarien : une expérience innovante à saveur country-folk

Le samedi, 26 septembre avait lieu le spectacle de clôture de la 45e édition du festival franco-ontarien, premier événement en présentiel à Ottawa depuis le début de la pandémie.

Si les organisateurs du festival se sont vu initialement contraints de reporter l’événement à l’automne en raison de la pandémie de COVID-19, ils n’ont certes pas lésiné sur la qualité et les mesures sanitaires . « On veut s’assurer que les festivaliers soient en sécurité et qu’ils puissent profiter du spectacle en tout confort », le directeur du festival, Michel-Oliver Matte, a-t-il déclaré dans une entrevue accordée récemment au journal Le Droit. Il était également possible de se procurer des billets à moindre coût pour voir les spectacles en diffusion web.

Le festival, dont la première soirée de spectacles coïncidait cette année avec le Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes réunissait une brochette d’artistes de renommée, dont Le R Premier, De Flore, SOMMM, Mélissa Ouimet, Céleste Lévis, JOLY, Ariane Moffatt, Isabelle Boulay et Paul Daraîche.

Ambiance de cabaret façon plein-air

Pour l’occasion, le site du parc Major’s Hill avait été aménagé en deux zones terrasses de part et d’autre de la Grande scène Air Canada pouvant accueillir jusqu’à 50 personnes chacune. Les tables, disposées de manière à préserver une distance sociale de deux mètres, contribuait à l’atmosphère intimiste et conviviale, à l’instar des petites salles de spectacles.

Des bénévoles masqués assuraient le service aux tables, offrant aux spectateurs un choix de vin, de bière et de breuvages non-alcoolisés, de même qu’un menu de style resto-pub proposant une variété de hot-dogs et de tacos.

Dame Nature était certainement au rendez-vous pour le spectacle de clôture, qui réunissait Isabelle Boulay, Paul Daraîche, Mélissa Ouimet, Céleste Levy, JOLY et le duo Mountain Daisies. Prenant place à la table qu’on m’avait assignée dans ce chaleureux cabaret extérieur improvisé, j’en ai profité pour m’ imprégner des couleurs automnales qui composaient cette toile de fond digne d’un tableau impressionniste. « Il soufflait une brise tiède, caressante », pour reprendre les mots de Guillaume Vigneault. La soirée idéale, quoi. D’autant que l’automne est ma saison favorite, synonyme de récoltes et de saveurs réconfortantes, et la période de l’année que j’associe affectueusement avec les jeans troués, les bottes de cowboy, l’Alberta, le Festival Western de Saint-Tite, les balades à cheval et… la musique country.

Bref, quelques minutes après mon arrivée, Véronique Soucy, présentatrice officielle de l’événement, est montée sur scène pour souhaiter la bienvenue au public et lui faire part d’une requête des plus inusitées. « C’est l’anniversaire de Michel-Olivier Matte, directeur général du Festival Franco-Ontarien, et j’aimerais que vous lui chantiez – ou plutôt que vous lui fredonniez, à bouche fermée – Bonne fête avec moi ». Décidément, COVID oblige…

Des prestations aux accents country-folk

Habituée à une formule plus conventionnelle où les talents dits « émergents » font la première partie d’un artiste davantage connu, j’ai été séduite par ce nouveau modèle où tous se sont alternés du début à la fin du spectacle et ce, sans ordre hiérarchique.

Or contre toute attente, c’est Isabelle Boulay qui a brisé la glace avec Je t’oublierai, un texte co-signé par Richard Cocciente et Luc Plamondon.

« J’avais 21 ans lorsque j’ai débuté ma carrière », a-t-elle confié au public. En 1995, Plamondon lui a offert le rôle de Marie-Jeanne dans Starmania; elle avait 23 ans à l’époque. « Si vous faites le calcul, vous saurez quel âge j’ai », a-t-elle lancé, un sourire en coin.

Boulay nous a livré quelques-uns de ses succès, notamment, Jamais assez loin, un texte que lui a écrit « la grande Louise Forestier », auteure, chanteuse et comédienne originaire de Shawinigan. Boulay, pour qui la musique country a marqué sa jeunesse en Gaspésie, a également interprété Nashville, de son album En vérité, chanson que lui a offerte Coeur de pirate.

Pour sa part, Mélissa Ouimet nous a offert de très belles versions aux accents country de ses tubes Personne ne peut m’arrêter et Amours jetables. La chanteuse franco-ontarienne a également assumé l’animation de la soirée avec une énergie contagieuse.

Peut-être moins connue du côté du Québec, mais tout aussi talentueuse, Céleste Lévis a interprété, avec sa voix chaude et envoûtante, ses chansons Donne-moi le temps et Destin. La chanteuse originaire de Timmins était accompagnée de Marc-Antoine Joly, lequel a interprété Cercle vicieux, issue de son projet JOLY, une série de spectacles solos.

Le duo québécois Mountain Daisies, quant à lui, a assumé la direction musicale du spectacle, en plus d’accompagner les autres artistes. Le duo a offert Ces mots-là, chanson écrite par Ariane Ouellet en guise de cadeau d’anniversaire à son père. « Je ne savais pas quoi offrir à mon père pour sa fête. Je lui ai donné une carte avec un texte que je lui avais écrit », a-t-elle raconté. Le texte, c’était celui de Ces mots-là, très belle chanson qu’elle a retravaillée par la suite avec son compère Carl Prévost qui a composé la musique.

Le public a eu droit également à quelques prestations conjointes, notamment, celles d’Isabelle Boulay et de Paul Daraîche, qui ont rendu hommage à la chanteuse franco-manitobaine Lucie Starr décédée récemment, avec Quand le soleil dit bonjour aux montagnes (version française de The French Song).

Pour couronner le spectacle, artistes franco-ontariens et québécois se sont réunis sur la scène pour nous livrer une version « Festival franco-ontarien édition 2020 » de Mille après mille de Gerry Joly.

En somme, un excellent spectacle et une formule qui vaut la peine d’être réitérée.